Pourquoi Compostelle ?

tracé du chemin de Compostelle, article Pourquoi Compostelle?

Je pratique la randonnée depuis toujours. Lors de mes différentes marches, j’ai plusieurs fois croisé le chemin de Compostelle, mais il ne m’est jamais venu à l’esprit de le faire.

J’avais l’impression que les marcheurs de Compostelle étaient soit des allumés mystiques, soit des chrétiens un peu intégristes avec lesquels je ne voyais pas bien ce que j’aurais pu partager.

Pour me conforter dans mes idées

Il y a quatre ans, je faisais le tour du Lubéron et nous avions, mon fils et moi, rencontré un type sympathique, la soixantaine, qui en était à son troisième « chemin » par différentes voies. Il marchait 20 à 30 kilomètres par jour. Il partait le 24 octobre et programmait son arrivée à Compostelle le jour de Noël ! Devant ma surprise, car en trois mois de marche, on peut rencontrer tant de choses différentes pouvant nous ralentir (une blessure, s’égarer, des intempéries, une chaussure qui lâche, la perte de motivation, la fatigue …) il me répétait inlassablement quand je lui mentionnais tel ou tel imprévu : je marche !

Pourquoi Compostelle? La route

On s’approche de la philosophie de la Légion étrangère mais finalement pourquoi pas ? Chacun fait ce qu’il veut, recherche son plaisir, son équilibre où il le souhaite.

Toutefois, lorsqu’il me dit terminer les 300 derniers mètres à genoux (100m de plus à chaque voyage), là je tique un peu ! En effet, ses genoux présentaient de vilaines cicatrices.

La recherche du plaisir, le dépassement de soi, le lâcher-prise sont des notions, des valeurs qui me sont familières, que j’aime et que j’aime déployer quand je le peux : mais pourquoi chercher la souffrance ?

J’étais donc resté sur une certaine image du chemin de Compostelle.

Petit à petit l’oiseau fait son nid…

L’an dernier, alors que nous faisions le tour du Gers à vélo avec mon fils, nous avons fait halte dans un gîte à Condom où passaient de nombreux pèlerins. L’ambiance était très agréable et le patron avec qui j’avais sympathisé m’a dit que des allumés, il en voyait 1 à 2 par an, rarement plus, la plupart du temps c’était des gens ouverts et sympathiques, comme tout ceux avec lesquels nous discutions d’ailleurs… J’étais manifestement tombé sur un cas un peu particulier !

direction compostelle

Lors d’un voyage au nord du Portugal, Isabelle, ma compagne, a entendu parler de ce chemin dont on lui a vanté la beauté mais aussi et surtout la bienveillance, l’entraide qui règne entre pèlerins. Ça lui a parlé et lorsqu’elle a évoqué l’envie de faire le chemin, j’ai sauté sur l’occasion de lui faire partager ma passion.

J’ai commencé par faire des recherches afin de savoir d’où partir, une portion qui soit à la fois belle et pas trop difficile. Sur Facebook, tout le monde m’a conseillé de commencer du Puy-en-Velay.

Notre point d’arrivée dépendra de notre rythme. Isa est une grande « marcheuse urbaine », mais ne sachant pas comment elle marchera avec un sac à dos et dans la nature, je préfère ne rien réserver, je ne veux surtout pas la dégoûter. Dans une ville, elle me sèche, mais par les chemins, ça peut être différent.
Je ne prendrai pas la tente (pas toutes les émotions d’un coup !).

coquille saint-jacques symbôle du chemin de compostelle

Lorsque je lis des articles ou des commentaires sur le chemin de Compostelle, je note qu’il y a pas mal de gens à la recherche de quelque chose, d’eux-mêmes peut-être, certains un peu perdus, d’autres disent que « le chemin leur a sauvé la vie » … Wow !

Ma vie va très bien, j’aborderai ce chemin comme n’importe quelle randonnée, ce n’est rien de plus pour moi mais rien de moins.

Changera t-il ma vie ? Changerai-je d’idée en route ?

Je pars avec beaucoup d’idées préconçues, c’est l’un de mes défauts, j’en ai conscience et j’essayerai de m’en débarrasser. J’aime quand quelque chose ou quelqu’un me fait changer de point de vue sur un sujet, je n’ai pas un ego à ce point que je ne puisse reconnaître mes torts.

Ne dit-on pas que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ?